Mahdia : Mobilisation citoyenne à Rejiche contre la pollution marine par l’ONAS

« Avant, on distinguait trois couleurs dans la mer : blanc, vert, bleu », énumère Mohamed Moussa Ghammam, un pêcheur de 53 ans, tout en maniant quelques morceaux d’algues séchés. « En cas de tempête, le vent ramenait plein d’algues sur la plage, signe que la mer est en vie. On pouvait y voir les poissons depuis la plage, tellement il y en avait. Et tu ne pouvais pas nager trop loin car il y avait aussi des requins et que les algues étaient si longues qu’elles auraient pu attraper tes pieds » se souvient-il. Autour de lui, la faune sous-marine est maintenant échouée, sans vie, sur ce bout de plage de Rejiche, pincé entre le stade et une foyer universitaire. Aujourd’hui, la couleur a changé. Il n’y a plus de vert… de crabes, moules, mulets ou sabres. Des poulpes et des seiches non plus. Mohamed Moussa, pêcheur depuis son enfance, a dû se reconvertir dans la mécanique industrielle pour subvenir aux besoins de sa famille. D’autres comme lui sont devenus menuisiers : sur les 45 bateaux qui faisaient vivre la commune, il n’en reste que 9, soit une vingtaine de pêcheurs. « Depuis que l’ONAS est arrivé en 1995, nous avons vu l’écosystème se dégrader au fil des jours».